La variole a été éradiquée grâce au vaccin antivariolique

samedi 23 avril 2011
par  administrateur
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Souvent on lit et on prétend que la variole a disparue grâce aux grandes campagnes de vaccination de masse.

C’est faux : devant l’échec de la vaccination anti-variolique, l’OMS décida d’adopter une autre stratégie, qu’elle appellera la stratégie de « surveillance-endiguement » qui consista en une recherche active des malades, une surveillance des contacts et leur isolement immédiat s’ils tombaient malades [1] [2].

Cette stratégie de surveillance-endiguement était fondée sur deux observations :

  • la première était que même dans une population vaccinée à 90 %, on pouvait assister à des flambées épidémiques ;
  • et la seconde était que cette surveillance-endiguement permettait un échec à la transmission, même lorsque l’incidence variolique était élevée et les taux d’immunisation très faibles [3] [4].

Voici quelques extraits du rapport de l’OMS de 1980 :

  • « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas ».
  • « Dès lors que les varioleux étaient isolés dans une enceinte où ils n’avaient de contact qu’avec des personnes correctement vaccinées ou précédemment infectées, la chaîne de transmission était rompue ».
  • « La campagne menée en Inde … révéla les limites d’une stratégie axée uniquement sur la vaccination de masse … même lorsque la couverture de vaccination atteignait 85 à 90%, objectif pourtant difficile à atteindre. En revanche, lorsque les programmes de surveillance active et d’endiguement efficace entrèrent pleinement en action, l’Inde fut en mesure de réaliser l’éradication dans un délai relativement bref ».

Le dernier cas de variole fut recensé en Ethiopie. Le porte parole de l’OMS, F.J. TOMICHE, signa un grand article sur cette aventure dans le journal Le Monde (21/12/1977) où il dit :

  • « Sur le plan stratégique, l’abandon de la vaccination de masse en faveur de l’approche dite de « Surveillance Endiguement » revêtit une importance capitale. Avec ce type d’approche, on parvenait à faire échec à la transmission, même lorsque l’incidence variolique était élevée et les taux d’immunisation faible. La méthode consiste en la prompte détection des nouveaux cas, suivie de la recherche de tous les contacts possibles et leur isolement afin d’arrêter la transmission ».

Pour des raisons non-scientifiques et historiquement incorrects, la victoire sur la variole sera attribuée après 1980 à la seule vaccination massive et systématique de l’ensemble de la planète.

L’efficacité de la recherche active des malades, de la surveillance des contacts et de l’isolement immédiat des nouveaux cas dans l’éradication de la variole seront passés sous silence.

Pourtant, lorsqu’en 1980 le directeur général de l’OMS, le Docteur H. MALHER proclama l’éradication mondiale de la variole, il rappela l’importance de la stratégie qui ne reposait pas sur la vaccination de masse mais sur la surveillance-endiguement :

  • « En raison du caractère exceptionnel de cette réalisation, il est important que les responsables de la santé publique, les historiens et les générations futures aient accès aux éléments d’appréciation sur lesquels ces conclusions ont été fondées. Puisse ce rapport final nous inciter tous à réfléchir à la manière dont cette expérience peut nous aider à nous atteler plus facilement à la résolution d’autres problèmes de santé ».

Pour confirmer ce qui vient d’être dit, il existe trois épidémies de variole dans des populations vaccinées :

  • En Bavière, en 1871, il y eu 30.742 cas de variole dont 29.429 cas chez des personnes vaccinés, soit plus de 95 % de cas de variole chez des vaccinés ;
  • La Prusse, à la même époque, fut très vaccinée et connut la plus haute incidence des pays du Nord de l’Europe avec 69.839 cas ;
  • En 1905, les États-Unis prirent possession des îles Féroe. Avant la prise par ceux-ci, le taux de mortalité par la variole était de 10%. Entre 1905 et 1906, à la suite de campagne massive de vaccination, une épidémie fit mourir 25% des habitants. Entre 1918 et 1920, aux Philippines, l’armée américaine obligea 95 % de la population à se faire vacciner contre la variole. Il y eut une terrible épidémie avec 60.000 morts, emportant 54 % de la population. La capitale Manille - dont la population avait été vaccinée en presque totalité - fut la plus touchée (65,3%). Pendant le même temps, les habitants de l’île de Mindanao - dont la population avaient refusé de se faire vacciner - furent touchés de la variole dans seulement 11,4 %, soit sensiblement le même taux de mortalité observé avant l’entrée des États-Unis [5].

Voir également l’article Les épidémies ont disparu grâce aux vaccins

Sources bibliographiques :

ALIS, L’éradication de la variole

OMS, Smallpox and its Eradication

Sylvie SIMON, Les 10 plus gros mensonges sur les vaccins, éd. DANGLES, 2005 (978-2-7033-0622-1), pp. 51-57


[1OMS, L’éradication mondiale de la variole – Rapport final de la commission mondiale pour la certification de l’éradication de la variole, éd. OMS, 1980

[2Cet isolement du malade s’appelait une « mise en quarantaine » parce qu’à l’origine on mettait les personnes en isolement pendant quarante jours.

[3Dr Donald A. HENDERSON, chef du Service d’éradication de l’OMS - déclarations officielles du 28 novembre 1972.

[4Les affirmations du Dr Donald A. HENDERSON furent reprises dans le journal français Le Monde du 21 décembre 1977.

[5Fernand DELARUE, L’intoxication vaccinale, éd. LE SEUIL, 1977.



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